Habillé par Atelier Poulaillon pour sa première apparition, le paravent a depuis inspiré d’autres artistes. De rencontre en rencontre, un catalogue de motifs est né, s’étoffant de regards nuancés et d’approches graphiques personnelles. Aujourd’hui, nous sommes heureux de vous présenter Élodie Jarret, Sarah Patoor et Eric Mahé, virtuoses contributeurs à l’histoire de cet objet original. Ils ont en commun le goût de la recherche, de l’exploration de nouveaux territoires et des techniques artisanales hybrides. Ils savent aussi à quel point le travail collaboratif donne de l’épaisseur et du caractère à un projet…

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ÉLODIE JARRET

Installée depuis quelques années à Rennes, c’est à l’atelier collectif Le Vrac que l’on peut rencontrer la franco-suédoise Élodie Jarret. Formée aux arts graphiques et à l’illustration à l’ESAG- Penninghem (Paris), Élodie est designer textile. Entre autres. Elle collabore avec de grandes marques – Monoprix, Dim… – , réalise des cahiers d’inspirations pour des créateurs de motifs, dirige le catalogue Petit Jour et s’égare volontiers du côté de l’illustration jeunesse : « Une dispersion revendiquée ! Avec les années, je me rends compte que tout se croise et s’entrecroise. »

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Lorsqu’Anouchka l’invite à réaliser des motifs pour le paravent, Élodie accueille l’idée avec bonheur. Elle se sent proche du travail d’Anouchka et l’exercice proposé est une occasion d’expérimenter hors des cadres habituels. :  » C’est important pour moi d’avoir ces moments de respiration « .

Expérimenter donc. Pour le paravent, Élodie oriente son approche vers « quelque chose de dynamique et manuel ». Elle dessine au pochoir, découpe, colle, photocopie, agrandit, redécoupe, recolle, scanne, ajuste, réajuste. Progressivement, pas à pas, de nouvelles images apparaissent et les motifs se précisent, dans un processus de domestication des aléas où la plus petite empreinte compte. Se pose simultanément la question du rapport du motif avec le paravent. Le dessin doit-il accompagner la forme ou jouer sur la déstructuration ? Les allers-retours entre Élodie et Anouchka font évoluer les dessins jusqu’à ce qu’une gamme de motifs au raccord se révèle, déclinés en noir et blanc, en doré et en une série de teintes poudrées et métallisées.

A peine sortie de cette parenthèse créative, Elodie aspire à y retourner. Pour chercher, encore et encore.

http://elodiejarret.com

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SARAH PATOOR

Issue d’une famille d’artistes, Sarah Patoor est designer textile à Anvers. Elle dessine depuis qu’elle est enfant. « C’était ma façon d’exprimer mes sentiments ». Son regard se forme auprès de ses parents puis à l’école des Beaux-Arts de Gand. Sarah se spécialise en design textile, la discipline résonne profondément avec ses affinités pour la décoration d’intérieur  » C’est fascinant comme les objets d’usage ou les objets d’art qui nous entourent peuvent évoquer ou renforcer une certaine émotion, appeler des souvenirs ou encore faire rêver. Cette idée m’a toujours inspirée pour créer des dessins.  » Actuellement, Sarah collabore avec des éditeurs, des architectes d’intérieur et des stylistes.

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Sarah découvre le travail d’Anouchka à l’occasion de la Biennale Interieur à Courtrai en 2014. « J’ai été directement touchée par la poésie et la dualité de ses créations, au caractère fort et sophistiqué. » Quant à Anouchka, elle garde en mémoire cette rencontre et découvre un travail raffiné et subtil. « Quand Anouchka m’a contactée pour utiliser un dessin, j’étais très contente de collaborer à son projet. Le dessin qu’elle a choisi dégage la même poésie que les paravents et est réalisé à la main à l’aide d’une coupe de bois, de façon très artisanale. » Appliquée sur le papier, la coupe de bois fait apparaître une sorte de feuillage. « Ce dessin fonctionne très bien sur cet objet qui est aussi une sculpture, un canevas, un accessoire donnant une atmosphère dans l’espace où il est installé ». 

Cette collaboration inédite laisse Sarah plus que jamais convaincue qu’échanger des idées avec d’autres designers et artistes permet au projet d’aller plus loin et le « renforce« .

http://www.sarahpatoor.com

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ERIC MAHÉ

A la fac d’arts plastiques de Rennes, Eric Mahé était déjà un touche-à-tout. Expériences éditoriales, artistiques et graphiques, collaboration à La Chose, maison de publication de bande-dessinée, participation à Périscopages. Maquettiste pendant 10 ans, il s’installe finalement en free-lance. En 2009, il crée avec 7 autres artistes l’Atelier L’Imprimerie, un atelier de sérigraphie et de gravure situé près du pont Saint-Hélier à Rennes.

Puisque son dessin est proche de l’esthétique de la gravure, Eric se laisse naturellement porter vers cette technique. La forme artisanale et le geste inhérent sont des éléments moteurs de ses créations graphiques, la proximité de la presse à gravure est donc une évidence. « Disposer de ses propres moyens de production donne un supplément d’âme ». C’est ici, par exemple, qu’il imprime la sérigraphie destinée au projet « 400 coups », initié par la maison d’édition Le Tripode. ( Chaque année, Le Tripode propose à vingt artistes d’offrir leur vision d’un livre de la maison d’édition. 20 artistes, 20 estampes par an pendant 20 ans, soit 400 coups.)

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Les estampes d’Eric représentent souvent la nature, la densité d’un paysage, l’entrelacs de branches : « J’aime ce qui est dense et ce qui permet à l’oeil de se perdre. J’aime qu’en ne voyant qu’une partie, on ne puisse pas reconnaître le sujet du dessin ».

Les nuages qu’Anouchka choisit pour le paravent sont le résultat d’un travail sur la trame et sur le trait. Les traits se sont répétés jusqu’à ce qu’ils fassent sens et qu’ils induisent un dessin.  » Un dessin pour un paravent oblige à une approche singulière forcément différente de celle d’un projet mural. Le paravent a une existence autonome et on ne peut le considérer que seul, sans contexte.  » Sans contexte ou dans n’importe quel contexte. Dans un salon comme à l’orée d’un champ.

http://maher.free.fr

 


Élodie, Sarah, Eric, merci infiniment pour ces conversations et échanges qui ont empiété sur votre temps de création mais qui ont été passionnants ! 

cf.


Acte 2, collection de motifs

Le paravent est réalisé en atelier, sur commande. Sa structure en acier est enveloppée de papier imprimé. Un catalogue de motifs et de couleurs vous sera proposé. Il peut être intégré dans un intérieur privé ou dans un espace public.

Pour tout renseignement, nous vous invitons à prendre contact avec Anouchka à ap@anouchkapotdevin.com.

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