Un cheval blanc tombé au combat, une théière éléphant brisée en mille morceaux, des gestes qui dérapent, des visiteurs sur la réserve, la Braderie de l’Art connait un samedi mitigé. Comme les autres exposants, Anouchka et Alexandre sont un peu déconcertés. « Trop bien accueillis sans doute ! ».

Ne pas vendre la peau de l’ours… Au cœur de la nuit, c’est la révélation. Dans les bennes où les exposants puisent à loisir, deux boudins énormes en caoutchouc lancent un défi. Les collecteurs de la Braderie – dont Rémi – guettent. Qui va s’y frotter? Face à ces étranges rebuts industriels, Anouchka a envie d’en découdre. Les pièces sont extraites, examinées, radiographiées. Fulgurante, l’idée jaillit. A la meuleuse, Anouchka découpe l’élastomère, épais et revêche. Rémi prend le relais au couteau. Une fois ouvert, le boudin révèle un intérieur intéressant. Les nuances rappellent celles d’un bois plaqué. Elles contrastent avec le noir et apportent l’élégance qui pourrait faire défaut au caoutchouc. L’ouverture rabattue, tendue et fixée par deux boulons, offre une assise sous alcôve. L’aspect général est troublant. Les contours et la forme de la cage se superposent à ce siège tout terrain.

Lorsque les premiers visiteurs du dimanche matin arrivent à la Condition Publique, ils s’arrêtent sur le stand, intrigués, séduits. Les deux sièges resteront à Roubaix, le premier sera installé dans un jardin, le second retournera d’où il est venu, pour y commencer une seconde vie, réhabilité et investi d’une nouvelle fonction… Quelle Braderie ! Égale à elle-même : exaltante, mémorable, inspirante. Des rencontres, des échanges, une vraie sinécure. Merci à Art Point M, aux visiteurs, aux hospitaliers Roubaisiens et une spéciale dédicace à Rémi.

cf.

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