Au Lycée René Cassin, à Montfort-sur-Meu (Ille-et-Vilaine), la Maison des Lycéens vient de connaître une véritable métamorphose. Invitée par l’équipe de la vie scolaire, Anouchka a encadré un chantier participatif avec les lycéens. Une expérience inédite et passionnante.

Lorsqu’elle découvre La Maison des Lycéens, Anouchka n’est pas étonnée. Aménagement traditionnel, mobilier typiquement collectivités, photos éparses, bar en fausses briques, murs neutres.  » Sympathique mais un peu froid «  reconnait-on au lycée. Pourtant, le lieu a une fonction vitale dans la vie des lycéens. La loi le rappelle, accentuant même le trait en 1991 : la Maison des Lycéens est tout à la fois « centre d’apprentissage de la responsabilité et espace de créativité ».  Prenant la loi à la lettre, Emilie Tadriste, assistante de vie scolaire, suggère une rénovation. Une rénovation « Do it yourself ». Pour encadrer et faire vivre le projet, elle pense à Anouchka. Emilie suit son travail au fil du blog. Soutenue par Carole Lumineau et Jean-Yves Moisan, conseillers principaux d’éducation, Emilie rencontre Anouchka qui adhère immédiatement au projet. Les bases d’un chantier participatif sont posées.

L’imagination au pouvoir
Les chantiers participatifs sont issus du milieu de l’éco-construction et de la tradition des chantiers internationaux. Sur ce principe, les lycéens sont associés au chantier, de l’idée à la réalisation. Première rencontre en décembre 2012. L’imagination est au pouvoir. Les idées fusent, libres, créatives, inspirées, tandis qu’un esprit broc-rétro-vintage se dégage sur fond d’upcycling. Faire du neuf avec du vieux,  revisiter l’existant sans faire du passé table rase, récupérer pour recycler, on touche quasiment à un idéal !. Anouchka endosse la casquette du maître d’œuvre, se charge du rétro-planning, organise le chantier, le coordonne, étape par étape.

Savoir-faire et tête bien faite
Cinq mercredis, cinq espaces, cinq univers et surtout cinq équipes de lycéens qui insufflent une généreuse énergie. De févier à mai, ce chantier est une parenthèse originale dans l’emploi du temps des élèves volontaires, plus habitués au travail intellectuel. Le plaisir de faire soi-même, de fabriquer, poser un parquet, habiller un mur de planches, clouer, visser, peindre tout simplement, tout cela galvanise. Et montre que le savoir-faire et la créativité nécessitent aussi une tête bien faite. Certains se découvrent un goût pour le travail manuel, d’autres se révèlent tout court. Souvent, c’est l’occasion d’échanger sur l’avenir, l’après-bac, sur des envies timides mais profondes. Le design, l’architecture d’intérieur ? Des élèves y pensent. Anouchka  témoigne de son parcours, de son expérience et partage. Cette dimension humaine forte donne au chantier toute sa mesure.

En mai, dès la réouverture de la Maison des Lycéens,  la fréquentation a augmenté. Les élèves sont venus plus nombreux, séduits par une atmosphère plus chaleureuse, plus cocoon, plus personnelle. Habités également par le sentiment que ce lieu leur appartient désormais, car ils en sont les artisans. Cette aventure collective a été pour Anouchka aussi inédite que vivifiante. Faisant résonner les liens qui unissent le design, l’espace et l’humain. Faisant vibrer la corde sensible du projet comme élément intrinsèque de son métier.

cf

(Un grand merci aux lycéens des 5 mercredis pour leur dynamisme et leur bonne humeur, à Emilie et Carole pour cette courageuse initiative, à l’équipe éducative et à Jacques Piron, proviseur, pour leur accueil.)

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